Le moment est venu où il n’est plus permis à qui
que ce soit de garder le silence. II faut qu’un cri universel
appelle enfin la nouvelle France au secours de l’ancienne.
(Victor Hugo, Guerre aux démolisseurs, 1825)
Sainte-Jeanne de Chantal, la rotonde de béton érigée par l’ingénieur Jean-Jacques Ellenberger en 1968 aux Charmilles, vient de tomber sous la pioche des démolisseurs au profit d’une opération immobilière pour construire un immeuble de rapport. Le lieu de culte prendra place au rez-de-chaussée. Voilà, après la destruction de la chapelle des Buis aux Pâquis (2019), l’église Saint-Pie X à Vernier, et j’en passe, un tragique exemple de la furie iconoclaste, contraire de surcroît à toute notion de développement durable. Au lieu de penser la réhabilitation à des fins sociales, culturelles et collectives d’un édifice architectural, qui était un unicum sur le Canton de Genève, c’est la fuite en avant financière qui prime. Détruire froidement et sans vergogne des lieux de culte participe de la destruction culturelle de la Cité.
